Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l’occasion d’un débat organisé par le Medef pour #LaREF26, le 27 août 2026.
oui, il faut augmenter les salaires.
Non c’est idiot ça augmente l’inflation et ne résolve rien.
Hmmm, j’sais pas trop, je pense pas du tout comme toi. Perso, si on me sucre encore mes revenus, j’arrête de manger… je peux pas serrer plus la ceinture. Au contraire, si on augmente mon salaire pour que je puisse vivre dans un endroit décent, m’acheter de l’alimentation de meilleure qualité et locale, là j’injecte de l’argent dans l’économie (et pas que pour le strict nécessaire genre, incroyable, du loisir!)
Je t’en prie, ne le prends pas mal parce que je m’adresse globalement qui pensent exactement ce que tu viens d’écrire mais qui seraient de mauvaise foi : I call for bullshit.
A mes yeux, c’est soit très déconnecté, soit une réflexion qui ne va pas plus loin que le bout de son nez, soit de la propagande néolibérale.
Les salaires, surtout les bas, sont entièrement réinvestis dans l’économie, c’est ça qui fait tourner le pays. Les seules choses qui peuvent échapper à cette circularité, c’est le monde de la finance, et oh tiens, surprise, qu’est-ce qui augmente en parallèle des prix ? La part du loyer dans les revenus et les bénéfices versés aux actionnaires. Les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres, et on veut nous faire croire que si les pauvres étaient un peu plus riches ce serait leur faute si les prix augmentent.
Pas du tout mon objectif que de proner le néolibéralisme. Je pense que des pauvres plus riche serait une bonne chose, je remets en cause la façon de faire. L’augmentation des salaires peut être facilement contourner par les entreprises en répercutant le coût sur les prix. Mais c’est une intuition, je n’en sais rien. À mon avis, une taxe type zuchman et un impôt sur les successions massif seraient plus efficace pour tuer les inégalités. Les salaires sont finalement une part très faible de la perpétuation des inégalités.
Des prix plus élevés avec des salaires plus élevés ça change pas beaucoup le pouvoir d’achat mais ça augmente toutes les taxes. Couplé à un gouvernement à gauche du PS, c’est des services publics qui peuvent mieux fonctionner parce que le budget le permet. C’est plus d’air pour souffler et permettre de s’organiser en dehors du capitalisme pour le renverser, et c’est surtout ça qui compte
Pas vraiment, le prix de fonctionnement de ton service public augmente aussi avec l’inflation (médicaments plus cher, électricité plus cher, …). Donc tu gagnes vraiment rien, c’est un jeu à somme nulle.
Je pense qu’il est illusoire que l’augmentation de salaire de dizaines de millions de personnes va coïncider au centime près, à la seconde près, avec une augmentation des prix également distribué. Le marché va changer, justement parce que c’est un marché, pas une planification centrale. Et comme il y aura toujours un intérêt à faire moins cher, tous les prix ne vont pas augmenter pareil. Il n’y a aucun moyen scientifique de dire que c’est un jeu à somme nulle: il y a trop de variables pour prédire. La vie n’est pas qu’un jeu de société. On rappelle également que les entreprises privées sont un moyen, pas une fin; si elles pensent ne plus être viables, elles peuvent tout à fait être nationalisées ou socialisées, c’est pas du tout un problème. Les prix augmentent à cause des bourgeois qui veulent se faire une marge: augmenter les salaires c’est aussi prendre dans cette marge, sans nécessairement changer le prix final.
Mais même si on reste que sur les services publics tous les prix n’augmentent pas, surtout quand on commence à parler renationalisation. L’état n’a aucune raison d’augmenter les prix pour lui-même.
Je pense que tant qu’on est dans une démarche réformiste, il faut taper partout parce que le capital cherchera toujours à s’échapper. Taxer seulement les profits pourrait aussi mener à des augmentations de prix pour compenser les pertes en profits si on y va par là, et sans augmentation de salaire on a une perte de salaire réel. Pour être efficace, je pense qu’il faut tenailler les deux aspects (profits gagnés et salaires versés) pour empêcher le capital de s’accaparer trop de parts de la richesse, et forcer la redistribution. Donc carrément d’accord avec toi sur le fait qu’une augmentation des salaires ne sera pas un outil magique. Mais carrément pas d’accord pour dire que c’est une part faible de la perpétuation des inégalités, pour moi c’est la moitié du problème (ou alors j’ai pas compris ce que tu voulais dire)
Ça marche pas comme ça, et c’est pour ça qu’on appelle ça des science économiques et pas de la gestion en bon père de famille.
Déjà l’inflation c’est le coût de main d’œuvre + les coûts matériels + les utilités. Donc tu ne joue que sur une partie des coûts.
Ensuite augmenter les salaires c’est surtout augmenter ceux du bas, et l’impact est beaucoup plus large que juste une partie d’inflation. Ça diminue les rentes, par extension ça compresse les salaires hauts, ça augmente le PIB car le facteur multiplicateur est haut sur les bas salaires, ça diminue les coûts indirects du gouvernement en diminuant le coût de la pauvreté…
C’est pas pour rien que la période la plus faste de l’humanité correspond a la grande compression et que depuis qu’on est revenu en arrière tout part a veau-l’eau.
C’est parce que tu fais l’hypothèse que la répercussion du haut salaire se fera sur les bénéfices de l’entreprise et donc la rente. Mais rien n’empêche l’entreprise de répercuter le coût sur le prix intégralement. La rente reste stable, les prix augmentent. Mais je ne suis pas du domaine, donc j’imagine que c’est plus complexe que ça. Intuitivement ça me semble plus intéressant de taxer et redistribuer directement, plutôt que d’espérer que les entreprises réagiront correctement, ce qu’elles ne font jamais.
Plus qu’une hypothèse c’est le constat historique des pays occidentaux, des années post-1929 aux années 80.
De la science, quelque part ? Qui aurait pu prédire
Le concept de la boucle prix-salaire est un mythe pour justifier de ne pas augmenter les salaires.
Ça n’a aucune base historique ou scientifique, et même les économistes conservateurs n’y croient plus.
Merci pour les sources
Cela semble encore débattu : https://www.brookings.edu/wp-content/uploads/2023/09/Lorenzoni-Werning_16820-BPEA-FA23_WEB.pdf
Je vais faire un argument d’autorité sur le sujet : sans pour autant pouvoir le prouver car je ne tiens pas à me doxxer, mon expertise académique en sciences économiques me permet de certifier qu’il s’agit d’un mythe à bannir des conversations sérieuses. Plus personne n’y croit depuis 50 ans, à part des propagandistes néolibéraux qui veulent s’en servir pour justifier de ne pas augmenter les salaires (même les économistes néolibéraux ne les soutiennent pas).
J’ai parcouru en diagonale ton PDF, et je soulève cet élément important :
many worried that inflation would emanate from a tight labor market […] causing wage inflation that would then produce price inflation. This is not how inflation played out though. Instead, price inflation and profit margins soared, while wage growth picked up later and more gradually, implying an initial fall in real wages.
Le cas d’étude dont ils tirent leurs données, l’épisode inflationnaire post-COVID, ne soutient pas la théorie de la spirale prix-salaire. Ils observent qu’une hausse des prix a été suivie d’une hausse des salaires, ce qui est cohérent, on se souvient tous de la nécessité politique de relancer le pouvoir d’achat après le COVID. Mais il n’y a pas eu d’effet de boucle par la suite.
the fact that nominal wage growth is currently exceeding price inflation can be given a benign interpretation, as a sign of real wages going back to trend and not necessarily as a concern of an ongoing spiral
Ils avertissent d’une possibilité mathématique (rejetée par la majorité des économistes on rappelle), sans pouvoir la soutenir empiriquement, vu que leur propre dataset trahit leur théorie. La réalité de l’économie ne se passe pas en circuit fermé.
L’étude de référence moderne sur le sujet est Wage-Price Spirals: What is the Historical Evidence? , qui a été commandée par le FMI pour essayer de mesurer les risques à long terme des politiques économiques liées au COVID et à L’Ukraine. La conclusion en est qu’une minorité d’accélérations simultanées de prix et de salaires débouchent sur une accélération durable des deux, et dans tous les cas ces “boucles” sont justifiables par des éléments extérieurs qui sont à prendre en compte individuellement.
Ok merci pour l’article, je vais lire.






